Westworld, où HBO fait du neuf avec du vieux et ça marche.

westworld-saison-1-affiche-964048En cette nouvelle saison placée sous le signe du recyclage de vieilles licences sur les chaînes américaines (avec l’Arme Fatale, l’Exorciste, Mc Gyver) il y en a une qu’on n’attendait vraiment pas, c’est la reprise du film de Michaël Crichton (Urgences, Jurassic Park…) sorti en 1973.

Film culte mais un peu tombé dans l’oubli, Westworld a été exhumé et ressuscité par le Roi de la retape, J.J. Abrams (à ce sujet je vous conseille le premier épisode de la nouvelle saison de South Park).

L’argument officiel de la série (et du film) est relativement simple. Il existe dans un futur indéterminé un parc d’attraction d’inspiration Far West où les visiteurs sont reçus par des androïdes plus vrais que nature, et dans ce parc, ils peuvent donner libre cours à leur penchants les plus sombres (meurtres, sexe, violences en tout genre), les androïdes ne peuvent pas les blesser en se défendant et oublient tout à la fin de chaque cycle. Là où ça se corse, c’est qu’au moment de la série, les androïdes ont des flashbacks de leurs mésaventures.

Eponge qui reprend tous les thèmes classiques de la science fiction moderne, on se pose des questions sur la condition humaine, la différence entre la vérité et la fiction, le rêve (mais non ce n’est pas Blade Runner), et l’importance d’actes qui n’ont pas de conséquences une fois effectués.

Servi par un casting exceptionnel et un budget colossal (100M de Dollars pour les 10 épisodes de la saison 1), HBO a mis les petits plats dans les grands pour assurer le futur post Games of Throne.

Pour ce qui est du casting, on peut citer :
– Anthony Hopkins comme initiateur du parc et patriarche (et comme personnage au coeur des interrogations métaphysiques de la série).
– Ed Harris joue l’homme en noir (qui louche étrangement vers le Pistolero de la Tour Sombre).
– Evan Rachel Woods joue Dolores, une hôte qui se rend compte que toute sa vie est un mensonge construit par les promoteurs du parc.
– Luke Hemsworth (le frère de Chris Liam) en chef de la sécurité qui est bien embété par ces évènements.
– James Marsden est l’un des nouveaux hôtes qui sert de séducteur pour les jeunes visiteuses.
– Jeffrey Wight programmeur en chef.
– Thandie Newton en mère maquerelle traumatisée par ses cycles précédents.

Tournée dans l’Utah dans des endroits reculés nécessitant une logistique importante, la série est servie par son budget qui donne l’impression d’être au rang des meilleurs films de John Ford et elle offre un luxe de production crédible sans être ostentatoire, et on est en droit de se demander si la série n’est pas plus aboutie que de nombreux blockbusters cette année.

La bande originale offre de nombreux morceaux pop/rock remaniés sauce Western qui donnent une effet post-moderne qui souligne à merveille les thèmes de la série (Black Hole Sun, Paint it Black, No Surprises) et les nombreuses références classiques (Shakespeare en tête) offrent une densité à l’oeuvre et offrent de nombreux niveaux de lecture.

Qu’on le prenne comme une très bonne oeuvre de science fiction qui a nourri et se nourrit d’autres oeuvres cultes (Blade Runner ou la Tour Sombre), ou qu’on veuille y voir une oeuvre plus profonde à base de questions métaphysiques qui remettent en cause toute la méta-intrigue en cherchant des pistes plus complexes que celle que nous offre l’intrigue linéaire principale, Westworld propose à tous un divertissement agréable et profond.

Reste à voir si comme le film, la série nous proposera une intrigue efficace mais linéaire, ou si comme cela transpire dès le pilote, le personnage d’Anthony Hopkins est plus complexe et cache une intrigue de fin du monde où de purgatoire, voire de mise en abîme de sa propre psyché.

En tous cas, chez moi, on est déjà accrocs, et on attend les épisodes chaque semaine avec une impatience que l’on n’avait pas revue depuis plusieurs saisons.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *