TPMP : Trump pas à mon Poste – Quand le populisme dénonce.

Allez, pour faire plaisir à Baba, nous aussi allons essayer de faire de l’audience sur le dos de TPMP. A la fin de l’émission, Cyril a proposé de faire une version politiquement correcte de TPMP. Enfin plus que politiquement, Trumpement correcte.

Exit donc les méxicains (on pense à toi Jérome Commandeur et à Ma Famille t’Adore Déjà). Dehors les homosexuels, les noirs, les arabes, et tous ceux qui ne sont pas français de souche. Au final on ne retrouve sur scène qu’un Cauet plutôt géné, dont on ne sait pas s’il était prévenu du happening.

TPMP Engagement politique ou facilité comique?

Depuis le début de l’émission, Cyril Hanouna se refuse à parler politique. Sauf peut être pour parler de Mélenchon qu’il apprécie, plus pour le personnage que pour ses idées. Même lorsqu’Enora Malagré tente de se lever contre le FN ou que Capu nous rappelle son amour sarkozyste, Baba recadre systématiquement le débat.

Pourtant hier, alors que le majorité du monde se lèvait avec une gueule de bois carabinée, TPMP a parlé politique. Un geste peut-être un peu tardif quand on pense au coeur de cible de l’émission qui cherche des repères hors du « Tous pourris ». Un geste peut-être futile quand on pense à l’importance de cette élection et notre éloignement au scrutin. Sûrement un geste pour faire le buzz, et ça marche, la preuve étant que l’on en parle même ici. Et pourtant un geste nécessaire et qui fait du bien.

En soulignant l’absurde de la xénophobie, de l’homophobie et du racisme ordinaire, ce geste simple résume la situation mieux que de longs discours. En effet, que serait un monde « pur », « de souche », à part un grand vide. (Je m’excuse auprès de Cauet, aux vues des règles de plateau je me serais retrouvé seul avec lui). Cette haine de l’autre, de la différence conduit paradoxalement à l’isolement au lieu de créer une communauté soudée.

Sous couvert de rigolade, TPMP nous offre une leçon de vivre ensemble.

TPMP s’engage contre l’exclusion?

Alors que l’on reproche souvent à l’émission un humour bas de gamme et excluant, cette réponse est parfaite. Loin des clichés éculés entendus depuis des mois (Le président Orange, Orange is the New Black, On s’est Trumpés), cette séquence visuelle est une réaction efficace pour marquer les esprits.

Reste à savoir si cela marquera suffisamment les esprits pour influencer les élections en mai prochain.

Rien n’est moins sûr, car si TPMP s’est aujourd’hui engagé contre la haine et le racisme, cela n’en fait pas un acte partisan. En effet, si l’on est à peu près tous d’accord pour dire que haïr c’est mal, l’autre versant du message de Trump est quant à lui passé sous silence.

Le versant raciste et xénophobe est le moteur d’une partie des voix. Le rejet de l’establishment en est un autre et probablement plus puissant encore. Cyril s’il veut s’engager dans la lutte contre l’extrémisme doit tendre une main vers les journalistes. Ces journalistes qu’il critique à longueur d’émission avec des motifs légitimes. Même s’il se défend d’attaquer la corporation de l’info, ses sous entendus liés au travail de certains continuent de savonner la planche.

Quelle solution pour que TPMP en sorte grandi? Comment redonner confiance en les médias chez les jeunes.

Il est temps d’enterrer la hache de guerre entre les journalistes et l’émission. On peut comprendre un manque d’intérêt l’un pour l’autre, mais il est temps de crever l’abcès. Il faut que Cyril reçoive les journalistes, les laisse s’exprimer, et qu’en échange des journalistes viennent expliquer leur démarche, leur métier et montrer qu’ils sont proches des sujets qu’ils exploitent. Peut être cela doit-il se faire dans TPMP, peut-être que cela aurait plus sa place ailleurs. Il est en tous cas grand temps de cesser d’opposer le populaire au savant. Il faut que les univers communiquent. Les journalistes et intellectuels se doivent de respecter les clowns. De leur côté ceux qui se sentent exclus de l’intellectualisme se doivent d’écouter. S’intéresser, réfléchir avant de juger est une des conditions pour le fonctionnement démocratique.

L’ignorance nous pousse à la haine, que l’on fasse partie des élites ou du peuple. Il est grand temps d’apprendre à communiquer de nouveau. Pour éviter le Brexit, pour éviter Trump, pour vivre ensemble. Il est temps de chasser les pseudos experts de leurs piédestaux.

Il faut rendre la parole à l’intelligence en non à l’expertise, revaloriser le fond qui s’efface sous la forme. Pouvoir avoir confiance en ceux qui parlent pour nous, en ceux qui ont réfléchi aux sujets et qui les ont analysés est vital.  Exigeons une représentation de qualité, demandons l’excellence auprès de nos élus, mais aussi dans les salles de rédaction.

Pour information sur France Inter il y a quelques jours, une séquence d’un même esprit avait été diffusée. Dans Si Tu Écoutes j’Annule Tout, le Palmashow avait alors été convié à prendre les rênes de l’émission version France Bleu Marine. Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, belges en plus d’être gauchistes ayant évidemment été débarqués pour haute trahison.

Pour rire de ces élections :

Pour vous détendre un peu tout en réfléchissant sur le système américain :

House of Cards un petit bijou sur le Washington actuel, brutal et sans merci, avec Kevin Spacey et Robin Wright. A voir en Blu-Ray ou sur Netflix.

Veep pour rire un peu avec la politique du pire, et pas si éloignée de la réalité.

The West Wing, un classique feel good avec Martin Sheen dans le rôle d’un président qu’on adorerait avoir.

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