The Rook – Au Service Surnaturel de sa Majesté

Myfanwy Thomas se réveille dans un parc londonien entourée des cadavres d’hommes en costumes. Qui plus est, ces hommes portent tous des gants de latex. Comme si ça ne suffisait pas, Myfanwy ne se souvient de rien, pas même de qui elle est. Son seul indice est une lettre, soi-disant écrite par elle-même et pour elle-même. Dans sa lettre, elle s’apprend que son amnésie était prévue et faisait partie d’un plan pour l’éliminer.

Thomas est une Tour (Rook), chef des opérations internes pour une organisation surnaturelle de défense des îles britanniques. La Checquy accueille une batterie de personnages aux pouvoirs surnaturels et protège le royaume et le monde de ce qu’il ne peut pas comprendre.

Amateur d’intrigues bien ficelées et d’absurde, ce livre est pour vous.

The Rook, l’absurde ne tue pas, enfin pas dans les premières pages.

Daniel O’Malley, dont c’est le premier livre, nous livre une oeuvre complexe et maîtrisée. On aurait pu craindre le pire quand on voit l’intrigue alambiquée, l’univers torturé et les personnages étranges. Pourtant The Rook fait preuve d’un recul et d’une dérision jouissive. La Checquy aussi bien dans son organisation que ses personnages nous fait penser à une version surnaturelle de James Bond ou Austin Powers. La galerie de ses agents, du Roi et la Reine aux simples pions est parfaitement pensée et rien n’est laissé au hasard.

Le subterfuge de l’amnésie aurait pu être lourd et mal exploité, pourtant O’Malley l’utilise de manière subtile. En effet, cela nous permet d’avoir un point de vue extérieur qui nous explique l’univers. Les lettres de Thomas à Myfanwy exposent les détails de l’univers par petites touches, Myfanwy étant aussi étrangère que nous à cet univers. Mais en plus, cela offre à l’auteur l’occasion de jouer sur deux personnages. La Tour Thomas, efficace administratrice, timide et peu sûre de ses pouvoirs, et Myfanwy, jeune femme qui n’a rien à perdre, et qui n’a pas les inhibitions de son alter égo.

The Rook, mais aussi The Bishop, The King and Queen and the Pawns.

O’Malley propose un personnage central intéressant, mais cela ne serait rien si ceux qu’elle rencontre étaient plats. Heureusement autant leurs personnalités que leurs pouvoirs sortent des sentiers battus. L’autre Tour du royaume possède de multiples corps, pour un seul cerveau, pas des plus affûtés. Les Fous aussi ont leurs spécificités, seuls le Roi et la Reine sont un peu sous exploités. Les pions quant à eux portent bien leur nom. Ils ont chacun un rôle à un instant clé de l’histoire, mais sont vites oubliés et remplacés.

Quant aux méchants, les Greffeurs, des alchimistes belges qui jouent avec la chair pour créer des surhommes, ils sont présents tout au long de l’histoire. Inquiétants, des fois présentés comme surpuissants, ils servent à effrayer le lecteur. En touchant à l’essence même de l’humanité, ils font froid dans le dos, et pourtant sont final plus humains que la Checquy.

Dans The Rook, l’accumulation des intrigues ne nuit pas à la compréhensicvt_the-rook-au-service-surnaturel-de-sa-majeste_6580on.

Pour un premier roman, on aurait pu s’attendre à une intrigue simple et linéaire. Pourtant dans The Rook, on se retrouve devant plusieurs intrigues entremélées. La première, évidente est celle qui nous intéresse au départ. Qui est Myfanwy, et qui cherche à la tuer? De cette première question naissent deux intrigues secondaires. Qui est Myfanwy au travail, mais surtout qui est Myfanwy l’être humain. Si son rôle avant son amnésie est assez classique, sa renaissance sans le conditionnement des services secrets révèle de nombreuses surprises. Pour commencer, elle a une famille, et l’exploration de cette famille ne va pas être sans conséquence quand on travaille dans le service le plus secret du Royaume. Ensuite, la recherche de son agresseur permet de mettre à jour une menace mondiale. Myfanwy va donc devoir enquêter sur son péril personnel, tout en luttant contre une menace planétaire. De quoi rendre nerveux le plus cool des agents.

O’Malley va jouer avec ces différentes intrigues pour les solidariser. Ainsi on va s’attacher à ces personnages et aux implications de leurs actions. Se faisant, l’auteur nous sert une histoire captivante de bout en bout sans véritable temps mort.

Donc maintenant je peux lire The Rook avec une couverture et une tasse de thé?

En gros, si vous aimez l’humour anglais, l’absurde et les intrigues bien ficelées, vous pouvez. Si vous aimez les romans des annales du disque monde de Terry Pratchett, foncez. On retrouve l’humour anglais proche de ce qui fait le succès de Dr Who et de Being Human.

N’hésitez pas non plus à foncer sur les romans de Jasper Fforde et surtout la série des Thursday Next dont je parlerais bientôt sur ces pages.

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