Sausage Party – La Saucisse contre l’Endoctrinement.

Sausage Party est une comédie animée regressive, où des aliments se rebellent contre leur destin. Alors qu’on leur a fait croire qu’au-delà des portes du supermarché c’est le paradis avec les humains, certains apprennent la triste vérité. Leurs Dieux n’ont qu’une seule envie, les sacrifier, les manger pour devenir plus forts, plus grands, plus gras. Avec un humour trash souvent sous la ceinture, Sausage Party est une satire de l’intégrisme religieux. C’est bien ça qui pose souci à l’association Promouvoir et à la Manif pour Tous.

Sausage Party, le Dessin Animé pour adultes.

Commençons tout de suite par le commencement. Si vous croyez que les dessins animés ne sont fait que pour les enfants, passez votre chemin. On est beaucoup plus près de South Park que de la Reine des Neiges. Seth Rogen et sa bande ne sont clairement pas connus pour leur finesse, ni pour être family friendly. Après This is the End ou The Interview, on ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenus.

Alors bien évidemment ça parle de cul, de drogue et de violence. Ca parle aussi d’amour, d’hypocrisie et soulève des question métaphysiques que seules des allégories peuvent soulever.

Mais au delà de la scène (douteuse et inutile) de sexe à la fin du film, le scénario passe en revue de nombreux problèmes majeurs.

Sausage Party, l’humour catharsis et dénonciateur.

En première lecture, on a envie de parler de critique de la société de consommation dans ce film. Avec un supermarché, une fête nationale et une idéologie consumériste, on serait tenté de s’arrêter là. Et effectivement, le film se moque de cette idée que consommer est une fin et soi, et que les produits sont légitimement faits pour cela. Le but même de ces produits et résumé dans la chanson générique du film.

Dès ce générique, on commence à pointer du doigt ce qui fait réellement grincer des dents les intégristes. On attaque dans le gras l’intégrisme, le totalitarisme et l’aveuglement. Et il faut dire que ça fait un bien fou en ces périodes de regression humaniste.

Sausage Party – Comment une saucisse rend folle les fous de Dieu.

Ce qui pose le plus souci aux intégristes français, c’est clairement la dénonciation de l’aveuglement religieux et la dénonciation des dévoiements idéologiques.

Le paradis a été créé par les anciens du magasin, les impérissables, pour atténuer l’horreur de la consommation, autrement dit, la mort. Et non seulement leur « bible » est avouée création humaine, mais en plus chaque rayon en fait sa version. On retrouve le conflit israélo-palestinien avec l’histoire d’amour/haine entre un Bagel et une Pita. Le film tacle même la colonisation de la Bande de Gaza avec une allusion sur l’espace vital et la bande du rayon. On passe en revue les interdits sexuels avec un Taco hyper sexualisé et professant l’abstinence. Ce n’est pas innocent et critique le paradoxe de la société du tout marketing qui sexualise même les enfants en jouant sur une pudibonderie de façade. On retrouve la vision très juive du Dieu vengeur qui punit parce qu’on a dévié du droit chemin en se « tripotant le bout ».

On se retrouve aussi avec des Nazis des produits bio. Ceux-ci se veulent exterminer les Jus, impurs s’il en est.

Et surtout l’argument du film tient dans la remise en cause de l’idéologie officielle. La religion, croyance sans fondement, contre les faits rapportés par les survivants et que l’on cherche à faire taire.

Il n’en faut pas plus pour exciter les plus intégristes, et on passe à côté des passages critiquables du film, et on met mal à l’aise les modérés.

Sausage Party – Et si c’était juste un film lourd de plus?

Au final, Sausage party n’est qu’un film de potache. C’est le genre de films qui aurait du rester dans l’anonymat. La quasi totalité de son audience aurait du être composée de Geeks particulièrement fans d’humour régressif. A la place les ultras en font un must de contre culture. On obtient un « effet Streisand » digne des manuels de communication.

Les principaux regrets qu’on peut avoir de ce film viennent de l’humour sexuel trop présent et excessivement lourd. En conséquence de quoi, le film perd en lisibilité. Cela culmine dans la séquence de « célébration » avec une partouze de produits de consommations, en faire une scène bonus en DVD ou rajoutée en Director’s Cut aurait coupé l’herbe sous le pieds des critiques et permis au film de toucher un public plus large.

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